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Quelques instantanés de ma vie...

6 mars 1977: la falaise à Octeville.

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6 mars 1977: la partie supérieure de la falaise, à Octeville-sur-Mer.

cliché: François LEMONNIER.

J'ai réalisé ce cliché en 1977, alors que ma passion pour la recherche des fossiles battait son plein. Equipé d'un sac à dos à armature, de solides brodequins en cuir, d'un marteau de géologue (les marteaux ordinaires ne conviennent pas, car le métal produit des éclats, dangeureux pour les yeux), de vieux journaux (pour empaqueter les échantillons), bref, de tout le matériel habituel pour ce genre d'activité, je parcourais la grève de galets, et m'aventurais souvent sur un chemin surplombant les éboulis, chemin emprunté par les chasseurs. Je faisais de temps à autres quelques incursions sur les éboulis, ou même très près de la base verticale de la falaise, mais jamais très souvent, à cause du grand danger que cela représente, un simple petit caillou tombant de plusieurs dizaines de mètres sur un crâne pouvant évidemment causer de gros dégâts...

A propos de cette photo, j'ai noté dans mon carnet de terrain:

Vers Octeville-sur-Mer, 16 heures 45. Coupe de la falaise montrant la formation à silex et le sol. Photographie prise à partir du rebord d'une corniche. Vitesse d'obturation 1/50 de sec, diaphragme f/11................................

Je ne suis pas certain, avec le recul du temps, que ces précisions techniques concernant la vitesse d'obturation et le diaphragme avaient un grand intérêt, en tout cas je n'ai jamais eu l'occasion de les exploiter véritablement. D'autant plus qu'elles étaient, ou trop nombreuses, ou pas assez (j'aurais dans ce dernier cas dû noter aussi la sensibilité de la pellicule, le type de révélateur, etc...)

Heureusement, avec l'ère du traitement numérique et des ordinateurs, tout ceci ne présente plus grand intérêt. Il suffit par exemple de faire des essais de modification du contraste, de la luminosité, de la saturation des couleurs, etc... Même en "n'y connaissant rien"... ou pas grand-chose, dans l'art de la photo, à force de tâtonnement on arrive à obtenir plus ou moins ce que l'on veut. Et si ce n'est pas convainquant, on recommence... Avec les tirages papier, ce n'était pas si simple... à moins d'accepter une consommation phénoménale de papier photo... et d'avoir un portemonnaie bien garni.

Un seul exemple: sur la photo originale, le ciel était tout blanc (surexposition). Il m'a suffit de sélectionner cette partie de la photo, et de lui appliquer une saturation de la couleur bleue... On obtient le résultat ci-dessus, dont je ne suis pas mécontent.

 

 


1977: la falaise d'Octeville

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Le dimanche 6 mars 1977 : Formations marneuses du kimmeridgien, au nord d'Octeville-sur-Mer (Seine-Maritime).

bancs de plomb

Cliché: François LEMONNIER.

A la fin des années soixante-dix, j'ai renoué avec une des passions de mon enfance, la géologie. Cette passion s'était définitivement ancrée lors d'une sortie scolaire à la falaise du Cap de la HèveMuséum d'Histoire Naturelle du Havre (commune de Sainte-Adresse, près du Havre) avec notre professeur de "sciences naturelles" (comme on disait alors), M. Gerard BRETON, qui devait plus tard devenir le directeur très actif du ... Lors de cette sortie les élèves que nous étions avaient pour tâche de récolter divers échantillons de roches et divers fossiles... Nous étions muni de marteaux et de burins, empruntés le temps d'une matinée à la boîte à outils paternelle...

Vers la fin des années 70, désoeuvré, et déjà travaillé par la nostalgie de mon enfance, cette passion avait de nouveau ressurgi, et, en quête des travces de mon passé, je suis revenu errer sur la grève, au pied de la falaise, à l'atmosphère si étrange... Outre l'aspect géologique de ces errances, autre chose me fascinait, à savoir la solitude absolue de ces lieux, qu'on aurait pu croire oublié du reste du monde. Leur sauvagerie, les sauvages vents marins, aux senteurs puissamment iodées, qui me semblaient porter en eux le souvenir des contrées lointaines et mystérieuses d'au-delà de l'Océan, avec des vents, l'absence de toute présence humaine, la rumeur continue de la mer, le roulement des vagues sur les galets, les piaillement des mouettes là-haut, tout là-haut dans le ciel, tout cela combiné m'évoquait irrésistiblement les premiers âges de la terre... Pour un peu, je me serais presque cru être entré de plain-pied dans quelque "monde oublié", cher à Conan Doyle, d'où aurait pu surgir, au détour d'un éboulis rocheux, quelque monstre préhistorique... Et, de fait, les goélands, et leurs cris étranges, là haut, tout là-haut, qui tournoyaient dans le ciel, me semblaient comme autant de ptérodactyles venus tout droit de l'époque préhistorique, ayant traversé les millions d'années pour surgir dans cette sorte d'anomalie du continuum espace-temps dans laquelle j'avais pénétré... chaque fois que je suis retourné dans ces lieux, j'ai toujours eu cette impression, qui me plaît infiniment... J'ai l'impression de fouler le sol d'une nouvelle planète, où tout resterait à découvrir, et receleuse d'immenses mystères...Je note d'ailleurs en passant que le chemin d'accès à cette falaise s'appelle "Le bout du monde". Mais je pense que ceux qui l'ont nommé ainsi ne croyaient pas si bien dire. C'est un chemin bien connu des Havrais et des habitants de Sainte-Adresse, qui viennent y promener leur chien, et qui ne vont jamais plus loin que l'endroit où ce chemin prend fin...

Et ce qui vient renforcer encore un peu plus le caractère "hors du temps" de ces lieux, il faut aussi avoir à l'esprit que les formations rocheuses de la falaise d'Octeville datent d'entre 100 et 140 millions d'années, à une époque où la terre était encore peuplée de "dinosaures"... Et si le terme de "kimmeridgien", à la consonnance un peu "barbare" ne vous dit rien, sachez que c'est un des "étages" du Jurassique supérieur... Le Jurassique?... mais oui, rappelez-vous... Jurassic Park... Oui, vous y êtes, c'est exactement ça! Car à cette époque les "dinosaures" peuplaient encore la terre... Ce lieu est propice à la méditation, à la relativisation de toutes choses, et en particulier de nos éphémères existences terrestres... Qui se souviendra encore de nous et de notre passage ici-bas, dans 100 autres millions d'années?...

Mais en ce dimanche 6 mars 1977, jour où j'ai pris cette photo, j'ai noté dans mon "carnet de terrain" le texte suivant, que je cite in-extenso:

Dimanche 6 mars 1977. Au nord d'Octeville-sur-Mer.
16 h 00. Après-midi ensoleillée. Vitesse 1/100 diaphragme f/11
Formations marneuses du Kimmeridgien. Tout en bas, on aperçoit les galets, formant la plage d'Octeville. Au-dessus des galets, une couche épaisse de marnes pâteuses, contenant de nombreux fossiles exogyres. Encore au-dessus, une couche d'épaisseur décimétrique de calcaire marneux, plus dure et légèrement rougeâtre. sur la photo, elle est très visible (un peu au-dessus du milieu). Enfin, en haut de l'image, on voit les formations sableuses.

 


Ma petite collection de minéraux.

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Mon microscope

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Mon microscope

Mon actuel microscope, dont j'ai fait l'acquisition vers 1995, si ma mémoire est bonne. Il est de fabrication russe, de marque "Biolam", assez réputée semble-t-il, si j'en crois un de mes anciens professeurs de "Sciences naturelles", auprès de qui je me suis renseigné un jour.

J'ai eu trois microscope dans ma vie, celui-ci est le troisième et probablement le dernier. Mon tout premier, très modeste, m'avait été donné par mon frère Michel, à qui il appartenait, du temps où il était lycéen. Cet appareil ne grossissait guère plus d'une centaine de fois (je considère désormais que ce grossissement est suffisant pour observer pratiquement tout ce qu'un microscope optique permet de découvrir), ne possédait qu'un seul et unique objectif, mais n'était pas de mauvaise qualité. Mon grand frère m'y avait fait observer pour la première fois de ma vie des protozoaires. J'avais alors 5 ou 6 ans, et curieusement, je m'en souviens encore presque comme si c'était hier! De cette première et précoce observation date probablement ma fascination pour cet instrument.

J'ai eu mon deuxième microscope vers mes 15 ou 16 ans. Cette fois, il s'agissait d'un microscope "à revolver", ce qui signifie, pour les non-initiés, qu'il disposait de plusieurs objectifs, autorisant plusieurs grossissements. Mais la qualité de l'optique étais assez médiocre, ce qui m'a fait comprendre que le "grossissement" d'un microscope, malgré le puissant argument que cela constitue pour le commun des mortels, est un critère d'une valeur tout-à-fait relative...

J'ai acquis mon troisième microscope, celui qu'on voit précisément sur cette photo, vers 1995. Les possibilités qu'il offrait étaient cette fois nettement supérieures aux deux premiers. Je me suis cependant rapidement lassé de coller l'oeil à son oculaire, les préparations microscopique réclamant des soins par trop méticuleux et une patience infinie, et étant fragiles et difficiles à conserver de façon durable. De plus, je prenais de plus en plus conscience qu'un microscope optique, aussi puissant fût-il (et les plus puissant d'entre eux ne grossissent "que" 3000 fois au maximum), n'était somme toute rien d'autre qu'une loupe améliorée, au regard des puissants microscopes électroniques actuels qui grossissent les millions de fois... Il n'y a guère que certaines tentatives pour essayer d'observer le monde des bactéries qui aurait pu être de nature à raviver mon intérêt vacillant pour l'infiniment petit, mais les possibilités optiques de ce microscope m'ont paru un peu trop limitées cet usage... J'ai donc fini par leléguer ce microscope, de façon que je pense définitive, au rang d'objet purement décoratif (rôle qu'il remplit d'ailleurs à merveille!)...