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Quelques instantanés de ma vie...

vers 1956 ma mère et moi

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vers 1956 : ma mère et moi, devant la Banque de France, au Havre.

Ce jour-là, de sortie "en ville", comme nous disions, pour une occasion dont je n'ai bien entendu pas le moindre souvenir, nous avons été photographiés en pleine rue, juste devant la Banque de France, par un photographe ambulant... Ces photographes qui gagnaient leur vie en photographiant les passants étaient relativement nombreux à cette époque. Cette sorte de mode a depuis lors complètement disparu. Je pense que la photo a dû être prise en hiver, si j'en juge par le manteau que je porte et mon bonnet à oreillettes...

vers 1908: ma mère enfant.

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vers 1908: ma mère enfant.

Quelque part sur cette vieille photo qui date d'un siècle (vers 1908) figure ma mère. Je le sais, elle me l'avait dit. Mais je ne me souviens plus précisément où... Je crois que c'est la quatrième fillette du premier rang (celles qui sont assises), mais je n'irais pas jusqu'à en mettre ma main au feu. Désormais seule ma soeur Monique ou mon frère Michel seraient en mesure de confirmer, ou non...


Le rocher de Gibraltar.

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Le rocher de Gibraltar.

Le rocher de Gibraltar.

Le rocher de Gibraltar, photographié depuis le large par mon père. Je suis allé vérifier sur Internet que c'était bien de ce fameux rocher qu'il s'agissait, car la photo n'était pas légendée.

Ce célèbre rocher, tout au sud de l'Espagne, était un autre sujet de prédilection de mon père, en ce qui concerne la photographie. Il faut reconnaître que c'est un sujet assez photogénique...

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Un superbe voilier.

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Un magnifique voilier, photographié par mon père.

Un superbe voilier.

Ce magnifique voilier de croisière, qui appartenait probablement à un riche personnage, a un jour croisé le navire de mon père...

Mon père aimait beaucoup photographier les bateaux, comme en témoignent les innombrables photos que j'ai trouvées dans les archives familiales... Mais il photographiait presque exclusivement les navires de commerce, les navires de transport maritime, les paquebots, et aussi les remorqueurs... Mais beaucoup plus rarement les navires de plaisance, comme celui-ci... En fait c'est une des très rares photos que j'ai trouvées dans ses archives, et c'est peut-être même la seule de ce genre.

A l'arrière-plan de la photo, se découpant faiblement au-dessus de la ligne d'horizon, on devine la côte... Mais de quelle côté s'agit-il, je l'ignore.

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Robert et moi.

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Vers 1949: Robert et moi dans notre jardin.

Robert et moi

On voit ici mon frère Robert me tenant dans ses bras. Sur cette photo, j'étais âgé de 13 mois, très précisément, comme précisé au dos de la photo (il me semble reconnaître l'écriture de ma soeur Monique)...

La différence d'âge entre Robert et moi était énorme... 20 ans... Vingt et un ans, c'est l'âge qu'il a sur cette photo, prise en juin 1949, puisqu'il était né en 1928... On le dirait pourtant plus âgé...

A cause de cette différence d'âge j'ai en fait assez peu connu Robert, et encore l'ai-je connu, malheureusement, à une époque où il n'était déjà plus que l'ombre de lui-même... Je serais bien incapable de dire ce qui avait bien pu se passer dans sa vie pour expliquer sa progressive déchéance... Mais déjà, en regardant attentivement cette photo, il me semble que le processus était déjà engagé... Je lui trouve un regard anormalement désabusé, le regard d'un homme qui, déjà, aurait perdu toutes ses illusions... C'est assez surprenant, pour un jeune homme de 21 ans, et qui avait donc "toute la vie devant soi", comme on dit... Une fois encore, je ne sais pas ce qui a bien pu se passer en lui pour expliquer la déception qui se lit déjà dans ce regard qui se perd dans le vide... Je ne le saurai jamais, ce frère trop peu connu étant décédé en 2001, dans une sorte de demi-déchéance...

A l'époque de la photo, sa grande passion (et peut-être la seule de sa vie) était la musique. C'était un violoniste qui ne manquait pas de talent, à ce qu'il paraît... Je n'en sais rien, ne l'ayant jamais entendu jouer, ou ne m'en souvenant pas... Le seul aspect positif dans sa vie fut le poste de professeur de solfège qu'on lui confia, mais qu'il abandonna malheureusement rapidement, suite à des problèmes psychologiques qu'il ne parvenait pas à surmonter... Comme autre aspect positif de son existence il y eut aussi ces leçons de violon qu'il donna pendant quelques temps au jeune fils d'un grand avocat du Havre... A cette même époque je me rendais fréquemment chez lui (ou plutôt chez une personne qui l'hébergeait) pour des duos piano et violon, car mon frère jouait aussi un peu de piano... Quel âge avais-je alors?... 8 ans, 10 ans, peut-être...


Monique et moi au square Saint-Roch du Havre.

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Monique et moi au square Saint-Roch, vers 1950.

Monique et mou au square Saint-Roch.

On reconnaît bien sur cette photo le Square Saint-Roch au Havre. Là encore l'entente semble parfaite entre ma soeur Monique et moi. Ma façon de me blottir tout contre elle ne trompe pas...

A gauche de la photo, une sorte de sculpture métallique, dont je n'ai jamais réussi à savoir à quoi elle pouvait bien servir, ni ce qu'elle représentait. Elle existe toujours aujourd'hui (en 2007), et lorsqu'à de rares occasions il m'arrive d'errer dans ce square, à la recherche d'un passé qui n'est plus, je ne peux la regarder sans une certaine nostalgie, prenant conscience de l'insignifiance ne nos existences... Je suis né un jour, sans savoir pourquoi, j'aurai vécu ici et je mourrai, sans avoir jamais réussi à comprendre à quoi rimait cette existence... Avant moi le monde tournait, et continuera à tourner sans moi... Et bien vite plus personne ne se souviendra de mon passage sur cette terre...


Monique et moi.

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Monique et moi. Une affection réciproque.

Monique et moi.

Il s'agit là d'une des photos que je ne serais pas lassé de contempler, si sa toute petite dimension (5 centimètres sur 8) ne m'avait jusque-là empêché de mieux la détailler. Heureusement, les modernes logiciels des ordinateurs permettent désormais d'agrandir, en quelques clics de souris, n'importe quelle photo, et même de corriger certains défauts au niveau de l'éclairage, toujours aussi facilement!...

Il est manifeste sur cette photo qu'à cette époque ma soeur et moi nous entendions bien, peut-être même jusqu'à la complicité. Car d'autres photos de la même époque montrent cette même affection qui était de toute évidence parfaitement réciproque. Hélas, quelques années plus tard, au seuil de mon adolescence, mon caractère devait changer du tout au tout, je n'ai toujours pas compris ce qui s'était passé en moi... Je sens bien que, tout au fond de moi, cette douceur qui était la mienne, cette douceur presque féminine, n'a pas disparu. Elle n'a fait qu'être éclipsée une longue partie de ma vie par la découverte que l'existence réelle n'avait rien du petit univers paradisiaque que je m'étais créé au milieu des fleurs et des insectes du jardin familial, baignés de la musique presque céleste qui provenait du piano de ma soeur Monique... Je me souviens comme si c'était hier que je me perdais alors dans mes pensées, cherchant dans les nuages qui passaient au loin des formes fantastiques qui m'évoquaient des chateaux merveilleux... Pourquoi faut-il que la plupart des gens laissent la vie anéantir les beaux rêves qui trottent dans leur tête, quand l'insouciance de la petite enfance fait de nous presque des anges?... Je n'ai jamais voulu abandonner mes rêves d'enfant... Ce n'est d'ailleurs qu'en rêvant qu'on transforme le monde...


Monique, Michel, maman et Robert.

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Vers 1938, ma mère, ma soeur Monique, et mes frères Michel et Robert.

Monique, Michel, maman et Robert.

Il s'agit là d'une des très rares photos, peut-être même la seule, datant de cette époque, très peu de temps avant la grande tourmente de la guerre de 1939-1945...

A gauche, ma soeur Monique, née en 1931, et donc ici âgée de 7 ans environ. Ma mère, qui était alors âgée d'environ 34 ans, tient sur ses genoux le "petit dernier", à savoir mon frère Michel, né en 1936. Tout à droite de la photo, mon frère Robert, né en 1928, et donc âgé ici d'environ 10 ans... J'ai d'ailleurs bien l'impression que cette photo, très "endimanchée", a été prise lors de cérémonie de première communion de Robert... L'enfer de la guerre allait faire s'éteindre pour plus de quatre années, et peut-être même pour le restant de leur vie ces sourires qui révélaient une période de bonheur...

Quant à moi... je ne naîtrai que dix années plus tard, à une époque où la vie renaissait, et l'insouciance aussi...


Mon père au Maroc.

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Mon père au Maroc en compagnie de quelques autochtones.

Mon père en compagnie de quelques autochtones.

Je suppose, sans le moindre risque de me tromper, que cette photo a été prise aux alentours de 1952. Sans doute a-t-elle été prise au Maroc, à en juger par le faciès des personnages, et si tel est bien le cas, ce pourrait être à Fédala ou à Casablanca, qui étaient les escales habituelles de l'El Karim. La photo a-t-elle été prise sur le pont même du bateau, ce qui expliquerait la présence d'un rouleau de gros cordages, en bas à gauche?... Tout cela paraît plausible.

Mon père passant le détroit de Gibraltar.

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Mon père sur la passerelle de l'El Karim, avec à l'arrière-plan le fameux rocher de Gibraltar.

Le passage du détroit de Gibraltar.

 

Sur cette photo, des alentours de 1952, on voit mon père sur la passerelle de l'El Karim, avec pour décor d'arrière-plan le célèbre rocher de Gibraltar, facilement reconnaissable. C'est l'une des légendaires Colonnes d'Hercule des Grecs, qui redoutaient son passage, et au-delà desquelles commençait la Mer des Ténèbres...

De puissants courants vont et viennent à travers ce détroit. Il faut se rappeler que c'est la seule communication de cette mer fermée qu'est la Méditerrannée avec l'Océan Atlantique, et que du fait de la forte évaporation que subit la Méditerrannée, un courant d'eau se crée dans le détroit, pour compenser cette perte. D'autres courants, froids ceux-là, et sous-marins, vont également dans l'autre sens. Ce qui suffit peut-être à expliquer la crainte que cela inspirait aux marins de l'Antiquité, qui n'avaient que la seule force de leurs rameurs, ou celle des voiles, pour lutter contre ces courants...