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Quelques instantanés de ma vie...

Une expérience de pensée.

Voici quelques semaines, de bon matin, tandis que j'accomplissais à pied les quelques kilomètres qui me séparent de chez les parents de Mélanie, pour lui apporter ce qu'elle m'avait demandé la veille au soir, je songeais, comme cela m'est habituel chaque fois que je marche (la marche à pied favorise l'oxygénation du cerveau, et donc l'activité cérébrale, à ce que j'ai cru comprendre, et chez moi cet effet est très net), à toutes sortes de choses... Et entre autres - ne me demandez pas pourquoi, je n'en ai pas la moindre idée - à une expérience curieuse que j'avais vue un jour à la télévision (je pense que c'était dans C'est pas Sorcier, avec Jamy et Fred...). Il s'agissait de savoir si le fait de courir sous la pluie permettait de moins se mouiller qu'en marchant, ou le contraire... D'aucuns mettant en avant qu'en courant, la pluie vous frappait avec davantage de violence qu'en marchant, ce qui semblait impliquer qu'on était en fin de compte plus mouillé en courant qu'en marchant...
Bref, quoi qu'il en soit, et c'est là le point important pour mon raisonnement qui va suivre, on avait alors, pour tirer la chose au clair, imaginé d'organiser une expérience avec parcours standardisé, chronomètre, et vêtement retenant toute l'eau tombant du ciel (en tissu-éponge, j'imagine...).
Et justement, tout en marchant, je me demandais s'il n'aurait pas été possible de réaliser la totalité de cette expérience "en pensée" (expérience dite "de pensée"). C'est ce que je me suis mis à faire,  dans ma tête. Alors j'ai choisi d'imaginer un cas extrème. Il me semble me souvenir que l'expérience avait été réalisée avec une personne marchant à vitesse normale, puis en courant... Et, chemin faisant, je me suis dit qu'il aurait mieux valu, dans cette expérience, que la différence des vitesses soit beaucoup plus significative, pour que les résultats soient les plu différents possibles... A mon avis, c'est en cela que cette expérience péchait...Supposons une pluie "standard", et une distance quelconque à parcourir, disons 100 mètres, mais peu importe en fait... Imaginons maintenant que notre cobaye parcoure cette distance en marchant, mais en marchant très lentement, au point, par exemple, qu'il parcourerait cette distance en... disons... une demi-heure (vraiment très très lentement, donc). On imagine facilement qu'en touchant au but, cette personne sera "trempée jusqu'aux os"... A présent, recommençons l'expérience, mais cette fois-ci en demandant à notre cobaye de courir le plus rapidement possible, et mettons qu'il parcoure cette fois cette distance de 100 mètres en... disons... 14 secondes...
Cela revient à dire que dans le premier cas, notre cobaye sera resté pendant 1/2 heure sous la pluie, tandis que dans le second cas, il n'y sera resté que 14 seconde...
Et il va de soi qu'en restant 1/2 heure sous la pluie, on sera nécessairement plus mouillé qu'en y demeurant 14 secondes seulement... Du coup, il devient facile d'en déduire, sans même faire appel à une expérience concrète, qui n'apporterait strictement rien de plus, que (ce que révèle d'ailleurs le simple bon sens) sous la pluie, on a intérêt à marcher le plus vite possible... ce qui permet de "se prendre une douche" le moins longtemps possible. Le problème avait donc été au départ MAL posé. Le problème n'était pas de savoir s'il fallait marcher ou courir, ce qui n'a en soi strictement aucune importance, mais bien de savoir s'il fallait rester longtemps, ou pas, sous la pluie. Et si le problème avait été ainsi posé, l'expérience se serait révélée immédiatement totalement inutile et même absurde. Comme quoi résoudre un problème consiste préalablement à se poser la bonne question. CQFD.
CQFD.
Cette seule "expérience de pensée" nous a permis de conclure que le fait de courir sous la pluie permet effectivement d'être moins mouillé. Cela illustre clairement la puissance des "expériences de pensée", lorsqu'elles sont bien menées...
Démocrite, ce célèbre philosophe de l'antiquité grecque, n'a pas usé d'une autre méthode pour mettre au jour l'existence des atomes, de ces mêmes atomes dont les physiciens du XXème siècle ont révélé l'existence bien réelle... Einstein, à travers ses équations mathématiques, n'a pas fait autre chose non plus que d'exploiter la puissance de sa pensée pour découvrir la relativité du temps, la courbure de l'espace, et pour pressentir l'existence des trous noirs... Et je suis persuadé que si l'on exploitait au maximum cette puissance de la pensée humaine, on pourrait découvrir, là encore plusieurs milliers d'années avant leur découverte effective, les innombrables mystères que recèle notre univers...

Tout autre chose, mais comme cette pensée me vient à l'esprit, j'en profite pour la coucher sur le papier, avant qu'elle disparaisse du champ de ma conscience pour laisser la place à une autre...
Je me disais un jour comme ça, toujours en marchant (la marche à pied me stimule l'esprit), que, si les voyages dans le temps deviennent un jour possibles (c'est pour moi une certitude, qui n'attendra même pas plusieurs siècle pour se réaliser, au rythme où vont le choses), il devient totalement indifférent que l'homme détruise totalement la nature et son environnement, et même toutes les espèces sauvages encore existantes... Cela me chagrine au plus haut point de voir la forêt amazonienne dévastée jour après jour, de voir, par exemple, l'île de la Réunion, si riche sur le plan biologique, peu à peu grignotée par la "civilisation"... C'est pitoyable, désespérant...
Mais... MAIS... si les voyages dans le temps deviennent un jour possibles, ALORS qu'importe! Il nous suffira de revenir quelques siècles en arrière, par exemple à l'époque des grandes explorations du XVIIème, XVIIIème ou XIXème siècles, pour retrouver INTACTE, dans toute sa pureté, dans toute sa virginité, cette forêt vierge équatoriale, dans l'état même où la décrivaient les premiers explorateurs... Voilà qui me rend optimiste... même si je sais bien que ni moi-même, ni ma génération, ni celle de nos enfants, ni sans doute celle de nos petits ou arrière-petits enfants... n'auront pas cette joie... Mais dans les siècles à venir, cela sera, inéluctablement, tout comme sera inéluctable l'explorations des planètes lointaines...
Je ne crois pas en Dieu, mais j'ai une foi inébranlable en la science et en ses pouvoirs illimités... Il n'y a en fait qu'une chose, une seule, qui ne cesse de m'intriguer, dans le domaine de la cosmologie... Qu'y avait-il AVANT le big-bang?... C'est le seul véritable et irréductible mystère... Je veux bien admettre tout ce qu'on voudra, à partir du moment où a été crée le tout premier atome primitif, qui renfermait en puissance tout ce que contient actuellement l'univers... Tout fantastique que cela soit (cet atome, infiniment plus petit qu'une tête d'épingle, renfermait en germe tout ce que nous voyons autour de nous, la Terre, le Soleil, les planètes, les étoiles, les galaxies...!). C'est fantastique, inconcevable même, mais il demeure ce mystère premier: qu'y avait-il avant cet atome, et aussi petit, aussi minuscule fut-il, QUI l'a crée? D'aucuns diront: Dieu... D'autre diront: une condensation de l'espace-temps... D'autres diront ceci, d'autres diront cela. Cela ne change strictement rien à l'affaire, car même si c'est Dieu (je n'y crois pas plus qu'au Père Noël!), alors QUI a crée Dieu?... On voit bien qu'on ne fait que tourner en rond. Il y aurait là largement de quoi devenir fou, si l'on s'obstinait à trouver une explication... Et, en ce qui me concerne, pour éviter que de la fumée sorte de mon crâne par les oreilles, je tourne le bouton de la télé pour regarder un épisode de l'Inspecteur Derrick... voilà bien qui est apaisant pour les neurones!...